Hyptique · de novembre 2002 à avril 2003 · Paris · Direction artistique & programmation 3d.
Fruit de la rencontre de deux auteurs emblématiques du romantisme français, Les Nuits d’été est une œuvre intime qui s’inscrit de manière profonde dans ce mouvement. L’esthétique générale du cd-rom s’inspire du thème du poème principal, Le Spectre de la rose, pour proposer à l’utilisateur la découverte des trois pôles que sont l’œuvre, le compositeur Hector Berlioz et le poète Théophile Gautier. Le cd-rom s’ouvre ainsi sur l’éclosion nocturne d’une rose stylisée qui en constitue le sommaire et le cadre. Chaque pétale, lorsqu’il est sollicité par l’utilisateur, vient occuper tout l’écran et se charge du contenu de la rubrique correspondante. Tous les itinéraires entre le sommaire et les parties, ainsi qu’entre ces dernières, sont figurés par les mouvements en arabesque de ces pétales dans l’espace, et accompagnés de bribes musicales inspirées par les œuvres du compositeur. Le principe de navigation est de toujours maintenir l’utilisateur dans la structure florale de départ, par un jeu de transitions fluides, de manière à permettre une navigation immersive et intégrée au contenu. Ce titre a remporté le premier prix Multimédi’Art de l’AVICOM (section audiovisuel et multimédia de l’association internationale des musées: l’ICOM).
Le principe d’un sommaire central d’où rayonnent trois grandes parties est un classique de la rhétorique du cd-rom. Dans la plupart des cas, on «saute» du plan général à l’écran de contenu, sans qu’aucune transition logique ne soit réellement aménagée. Le sommaire et la rubrique, la structure et le contenu, sont des objets distincts et inconciliables entre lesquels on aménage généralement des fondus, des brouillages ou des déconstructions au niveau de l’interface graphique. Pour le cd-rom sur les Nuits d’Été, notre but était au contraire de rendre invisible l’interface, en immergeant l’utilisateur dans l’œuvre. On passe ainsi de manière fluide de la fleur au pétale, et entre les pétales eux-mêmes, dans une navigation logique, intuitive, et sans rupture.
Esthétiquement, ma recherche a notamment consisté à implémenter des algorithmes mathématiques (courbe de Catmull-Rom, par exemple) en Shockwave 3D capables de générer des mouvements souples et courbes en trois dimensions. L’élaboration d’un programme en Lingo dans Macromedia Director capable de calculer en temps réel les positions dans l’espace m’a permis d’ajuster les tracés tout au long de la réalisation. J’ai également fait des recherches pour tirer le meilleur parti de la gestion des textures proposées par Director, et ai ainsi pu mettre en place un système dynamique de superposition des textures, réagissant aux mouvements du curseur de l’utilisateur.
Le principe graphique n’était qu’esquissé au moment où les recherches sur les algorithmes ont commencé. Les deux pôles du multimédia interactif ont ainsi pu se développer conjointement, se nourrir mutuellement, au point d’être finalement indissociables.